Sur le sol /

Je t’ai couché sur le sable, je t’ai recouvert des plumes de mon désir et j’ai attendu que l’hiver se lève dans l’odeur d’aldéhyde du goudron que les hommes répandaient sur toi. Ma nouvelle marche.

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Moon /

moon

Il y a des lunes où il n’y a rien d’autres à faire que de hurler dans la nuit.
Lancer les chiens et sonner l’hallali de la fausse innocence et des faux amis.

Dans le brouhaha de la vénerie dépecer les silences, les serments de la ville.

J’arracherai des jarrets de ceux qui me piétinent, les serments de Judas.
Je lécherai mes pattes grises au goût métallique du sang de mon dernier repas.

Agneaux, prenez garde aux mâchoires acérées de la louve acculée.
Vos enfers sont délabrés, mais son territoire n’est pas votre royaume.

 

pendentif lune : Cleopatrasbling
tarot : aquarian deck

 

 

L’amour passe /

rueduciel

Je regarde les horizons décharnés
De tes certitudes arides.
L’étendue de mon cœur et de mon corps
N’est pas le désert des tartares.
Bien trop tard pour ton désir au rabais
Et ton sarcasme me fait rire.
Tu reprends les heures tues
Notre hier n’est plus à revoir.

Photo pour le concours #cieldesamours avec Eric Lefortson et Toner d’amour en « amour qui passe »

Avant l’orage /

Des perles d’eau bien rondes roulent avec fracas
Sur la plaque encore brulante que tu viens tout juste d’éteindre
Elles crépitent en de petites explosions humides
Et viennent embuer les fenêtres de notre cuisine
Le soleil coule à présent sur les vitres où nous posons nos mains,
Oubliant la glace des hivers auxquels nous avons survécus.

Le soleil est devant moi.

Les fenêtres se ferment dans un bâillement moite,
Les appartements japonais de l’immeuble thé vert de la rue du pressoir
Disparaissent dans une brume vespérale
Et la jungle délirante d’un carrefour émancipé
Exhale ses parfums d’aldéhyde et de bitume.

Les filles balancent leurs ventres sur pilotis
Suivant la cadence d’une galère millénaire
Leurs larmes n’adhèrent plus à la surface lisse de leurs cuisses désabusées
Non, il n’y a plus de traces sur les routes qu’elles empruntent.

Les boucles de mes cheveux lasses de rebondir et alourdies de chaleur
Se sont laissé choir le long de mon cou
Que tes lèvres n’approchent plus depuis le début des hostilités.

Je regarde les rideaux effacés voler mollement dans les pales du ventilateur
Je n’essaie plus d’y voir les frimas sylvestres
Et la touffeur indonésienne des forêts de la Seine et Oise
Remplit la canopée d’un espace oublié d’oiseaux repus de lumière.

Nos gestes se délaient dans les caresses lointaines que nous nous offrons cordialement
Et rien ne vient perturber la transpiration qui satine ma peau
Et que le vent emmène et avec lui, les scories noires de mes nuits blanches.

Tu respires mal dans cet autre espace éloigné de moi
Tu me détournes le regard sur l’eau tranquille où je noie ma torpeur
La canicule nous vole les dernières sensations de ta peau sur la mienne.
C’est parti dans l’eau des douches et des rivières sans un mot.

Nous attendons l’orage

The color of warning, the taste of the escape

 

In the heart of darkness
The unextinguished light of life

The bright side of the forgetting mind in the midst colors of fall
Falling, everytime starting and ending in red and black

The other side of mind where datas enter the void full of the midsty colors of fall

Cloud of thoughts vanishing in the subsequent world of silence.
Forgiveness is not always the clue.