lettre à A /

10 janvier 2008,

Il y a un vent à décorner les bœufs ce soir. J’ai toujours pensé que le vent lavait de tout, et c’est vrai et il fait si doux…

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lettre à N /

29 septembre 2007,

Cris et chuchotements

Bonjour petit astronef,

Je me faufile au travers de mon crachin belgicain pour t’envoyer trois mots en forme de poire.

Ici l’installation se fait doucement, pour l’instant j’erre dans un appartement vide et je me raccroche à mes lambeaux strasbourgeois comme si ma vie en dépendait, des photos en fond d’écran, des fringues d’été qu’on a beau superposer, on a toujours froid. J’ai mangé une frite à frit land, mais elle était fade, elle n’avait pas le goût d’avant, le goût du pays. Alors j’écoute en boucle Joanna Newsom pour me rappeler combien nous sommes solitaires,  encore plus seuls perdus dans le pays de la pluie.

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lettre à C /

21 août 2006,

Il est 5h10, j’ai la nausée et les cheveux froids. Toute la journée j’ai été prise de malaise, j’ai grignoté une tartine au goût de méditerranée, rien n’y a fait. Alors quittant mon bureau auquel je suis accroché toutes mes heures d’éveil je me suis plongé dans « moi d’abord » que tu m’as conseillé il y a dix ans…d’où la nausée, trop dur de lire ce qu’on n’ose pas se dire, l’ennui, l’étouffement et pas savoir quoi changer.

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Gloria /

Qu’est ce que je ferai quand je serai couchée sur ce lit, en pleurs, les traits froissés, triste d’être devenue ce que je refusais d’être. Une femme fatiguée, ridée, usée, abandonnée. Qu’est ce que je ferai parce que ta vie aura alors plus d’importance que la mienne, que la nécessité de survie aura sauté une génération, est ce que ton père aura encore de la compassion pour ma pauvreté ? Est-ce que mon père aura encore de la tendresse pour son enfant ? Est-ce que si je te prenais dans mes bras après avoir pleuré, tu me remplirais et me pardonnerais d’être si mal ce que je redoutais d’être ? une adulte bancale, une mère faillible. Une humaine comme toi.

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