A mains nues /

J’ai parlé de toi jusqu’à l’écœurement et l’écœurement venu, j’ai continué encore jusqu’au malaise et le malaise venu je ne sais plus si la haine s’en allait ou remontait comme le reflux des bords de la Marne là où je suis, me laissant bouffer par les moustiques, lasse.

Ce sont tes mains qui me manqueront le plus. Je me les rappelle posées sur cette table froide. J’ai cette image très forte incrustée en moi, dans mes yeux derrière mes oreilles, sur mon cou, là où elles se sont posées en plein cauchemar.

Je ne comprend pas. Et je survole les forêts. Je ne comprend pas. J’ai plongé, le soir couchant toute nue dans la piscine glacée. Je ne comprend pas. Pourquoi la haine déversée.

HEURTS :

J’étais avec eux. J’étais avec toi. Totalement. Avec elle. Il était là, à côté de moi et j’étais jalouse. J’étais en face de lui et j’étais jalouse aussi, à côté d’elle et j’étais jalouse encore. Ils sont loin de moi, plus les secondes creusent le dessous de mes yeux, plus ils s’éloignent.. Avec une sorte d’écho et de touffeur.

CIRE :

La douceur estival a coulé sur ma peau qui se fane, la douceur estival de ce tissu en viscose comme une caresse que tu ne me donneras jamais. Je t’ai vu dans ce film, et encore au travers d’un autre. J’aurais voulu revenir en arrière et les revoir encore et encore.

« J’ai paniqué tu sais » dit-elle. « Je ne voulais pas ». Les regrets de ce que l’on n’apprend jamais. j’ai mis Cassiopée dans ma peau. Rien n’y a fait.

Oui tu as raison, je projette, oui je suis mal et frustrée. Oui tu as raison. Mais c’est seulement depuis que tu es là j’ai envie de dire.

Station /

Quand je passe Pantin je sais que c’est trop tard. Je vais finir par passer pas loin de chez toi et je sais que c’est trop tard.

« Si ma gueule lui revient pas, que veux tu que je te dise ? »

Tu t’aime plus que tu ne pourrais m’aimer, c’est à ça que je sais qu’il est trop tard.

Je suis très fatiguée tout à coup en passant le Rancy / Villemomble alors ferme les yeux, je laisse tomber cette fois.