Push /

Qu’est ce que tu as ressenti quand tu étais en elle dans la salle de bain ? Qu’est ce que tu as ressenti quand elle dansait dans la cuisine au début, avant les jours opaques ? Qu’est ce que tu ressens quand tu es avec moi et que tu penses à elle ? C’est comment la douceur liquide de ses cheveux dans tes doigts ? Les rêves de demain ? Sa gouaille et ses pleurs ? Et sa jouissance perdue ? C’était comment ton œil dans l’objectif quand elle te regardait dans le pull en mohair ? Sa peau fine et les doigts ronds. C’était comment de croire au futur ? De s’approcher d’elle pour la première fois, de disparaitre dans ses yeux noisettes au moment où tes lèvres se sont posées sur les siennes. C’est comment d’avoir mal à cause d’elle ? C’est comment d’être serré dans mes bras et pourtant d’être loin, loin ?

Qu’est ce que tu as ressenti quand tu étais avec elle ?

Je peux te raconter comment c’est d’être seule dans ma tête la nuit quand je dors. Quand je marche seule dans l’avenue bordée d’arbres, quand je t’attend seule en te faisant à manger comme une pauvre Pénélope usée. Je peux te dire pourquoi je te demande d’éteindre la lumière parce que je crois que la jouissance mérite mieux que mon corps abimé. Ce que je ressens quand je danse dans ton salon après les jours opaques. Les rêves de demain qui ne sont que des mots de façade. Je peux t’avouer l’angoisse de la mise à nu quand tu me mets devant ton objectif et que mes yeux gris n’accrochent plus rien que le noir. Ma peau flétrie et mes doigts secs. Ce que j’ai ressenti quand je me suis approché de toi pour la première fois et que tu n’as pas fait un geste. Quand j’ai volé tes lèvres, rapidement, une nuit de baise comme les autres. Je peux te murmurer comment c’est d’avoir mal à cause d’elle. Les heures du matins où je hurle en silence, m’arrachant les côtes et à genoux, les offrir au lion d’Ishtar. Comment c’est de te serrer dans mes bras et pourtant d’être loin, loin.

Ce que je ressens quand je suis avec elle.

Placer des mots /

Ce que je sais de toi.

Ce que tu donnes à voir.

Ce que je sais de toi c’est ce que tu donnes à voir. Dans un camaïeu de couleurs toujours sous-exposé. Trop de mots en forme de poire. Une pulpe matte un peu égratignée dans une boite noire qui s’ouvre trop peu souvent. Ce que je ne sais pas de toi, c’est ce qu’elle dit de toi, c’est ce que tu dis d’elle et qui ne me plait pas. Des mots qui se répètent sans cesse dans une écoute hermétique.  Ce que je vois de toi c’est ce que tu sais maintenant sur moi. C’est la technique du placement. Priorité ouverture t’ai-je demandé là-haut entre deux tombes, sous les hauteurs des yeux sacrés. Trois fois j’ai prié dans le silence. La source ininterrompue qui nous survivra. Je pourrais me marier avec toi ai-je dit.

Ce que je sais de moi.

C’est comment tu me vois.

Nothing’s gonna hurt you baby /

Neighbours kids upstairs are awake, birds are singing in our Kiez. I wake up earlier than you, which is amazingly surprising. My feet are happy on the cool wooden floor. I prepare a huge cup of Earl Grey you especially bought for me. I sat in knickers on the floor, put Cigarets after sex’s vinyl I brought with me from France. Breathing out the outside. Feel the crisp of your white shirt you let on the old wood chair in the kitchen and I borrowed while waiting for the boiling water. Surrounding by your smell.

A melt of cold cigaret in your hair. Black coffee in your neck as a hint of perfume. The fresh water on your face when you return home. Metal cords on your fingers. A hint of blood cos you scrape you knee as a kid, hey « it’s only skin » I sang for you. The sun through the window, the odor of plants, from breathing Berlinen green. And the smell and the taste of salt, from your long walk in the city, forsaken, where you need to be afar off me. And the stones from the sea and the gold of the Rhine, and the water of my birth. And the smell of love, and the smell of sex, and the smell of hope and despair. The smell of my child’s dream, the smell of the kid we’ll never have and don’t miss cos you fullfilled me with achievement.

A melt of burned cigaret in your hand, scorching black coffee on your lip as i just turn my head and see you standing in the doorframe staring at me in silence. I smell the odor of your arms around me. I restart the vinyl.

Nothing’s gonna hurt you baby.

L’or du Rhin /

Tu as coulé le long du Rhin, de la ville de ma naissance au village de ma rue. Petite pépite d’or roulant au gré des remous, regardant avec envie les bateliers, les meneurs de caravanes, mes ancêtres de la Hanse. River boy m’as tu dit. Tes cheveux qui ont les reflets d’Apollinaire caressent le creux de mes reins, frissonnants d’un avenir à venir.

Et du bout de ton pouce que tu as ébréché sur ta basse, voulant me caresser le ventre comme celui des chats en confiance, tu m’a griffé, arrachant un minuscule bout de peau, comme une piqure brulante. Et du petit dénivelé mat de ma chair, sourd une goutte de sang et il perle puis coagule, et une autre arrive. Et finalement je dois m’éloigner de toi, comme de tous les autres. Je rentre sous terre. Earthy girl t’avais-je répondu.

Une once d’or /

Il n’y a rien que j’aime plus que marcher les nuits d’été dans un air doux de coton, sous l’odeur des tilleuls qui exultent. Te voir au bout de la rue, marcher lentement vers toi enrobée de l’odeur des tilleuls.

Tu es apparu comme ça dans ma vie, au bout de la rue, je n’avance pas plus vite, j’ai toute la vie. Le vrai amour patiente toujours.