Les désirs irréguliers 1 /

Il pleut sans nuages dans les rues silencieuses. Un grand arbre rose enroulé autours de mon cou, une hirondelle qui ne fait toujours pas le printemps s’en échappe. Je rêve à chaque pas des arabesques andalouses de mes bras ondulants, mon ventre à peine trop faible encore, les doigts écartés dans le bitume. Je vois ce vieil homme assis face au quai, l’eau effleurant de ses lèvres humides les cils et les reins de Strasbourg.

Publicités

Y l’orage /

Les gens courent légèrement vêtu de la chaleur diurne. Ils courent d’angoisse alors qu’il n’est pas là. Avoir envie d’écouter cet album oublié depuis dix ans comme une évidence. Ce soir au yoga, je me suis rappelé une rose, blanche, à peine rose pâle, petite, un peu fripée, chaude, épuisée d’un jour trop chaud pour elle. Tous les jardins de ma vie remontés dans les arcs électriques. Les gens courent. Trois gouttes tombent .

Y l’orage.