lettre à N /

29 septembre 2007,

Cris et chuchotements

Bonjour petit astronef,

Je me faufile au travers de mon crachin belgicain pour t’envoyer trois mots en forme de poire.

Ici l’installation se fait doucement, pour l’instant j’erre dans un appartement vide et je me raccroche à mes lambeaux strasbourgeois comme si ma vie en dépendait, des photos en fond d’écran, des fringues d’été qu’on a beau superposer, on a toujours froid. J’ai mangé une frite à frit land, mais elle était fade, elle n’avait pas le goût d’avant, le goût du pays. Alors j’écoute en boucle Joanna Newsom pour me rappeler combien nous sommes solitaires,  encore plus seuls perdus dans le pays de la pluie.

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lettre à A /

17 septembre 2007,

J’ai ajouté des éphémérides à ma lettre pour Christine la lointaine, l’amie du bout des trains, des rêves de partance. Je lui parle de mon amour, toi, ce drôle d’amour si neuf, si fragile comme un œuf de caille. Je pense à cet amour que nous ne ferons jamais, à cet amour que nous construisons à chaque mots maladroits, je pense à ton Amour et je lui souhaite de vivre encore longtemps et que vous soyez heureux et des cerisiers en fleurs que nous regarderons tous ensemble, les possibles et les moins probables.

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Le départ de Jan / V / les trains / 3 / vertigo

« Salut…qu’est ce que tu fais là ?

– La même chose que toi, j’en sais rien »

Un silence, un sourire et une gorgée de bière pour résumer la réponse.

« Pourquoi tu es venu là ?

– J’pouvais pas aller plus loin, après c’est l’atlantique, et c’est une bonne chose d’être complètement à l’ouest quand on sait plus ce qu’on fait, non ? »

L’homme paronyme hoche la tête d’un air entendu. Il passe sa langue sur ses gencives supérieures en un geste rapide pour débarrasser sa mâchoire des résidus acides de ce qu’il vient de boire.

« Salut, p’t’être à bientôt »

Et moi je ne dis plus rien.

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