Christmas /

Je marche sur les trottoirs miroirs
les bouches comme des cheminées avides
seule être insulaire
insulaire
insolente et solaire
la variété sociale créé mille et mille et encore toujours plus
fils gluants autours de moi, de ma gorge, de mes yeux
mes paumes sont chaudes et froides
et ces étincelles écarlates et factices
abîment mes yeux fragiles et secs.
Au plus profond de la nuit
au jour le plus court de son solstice oublié
ces étincelles se diluent sales et embourbées dans les bouches d’égout
insolentes et avides
à Noël, toujours pareil, le corbeau gigantesque se repait des cœurs fatigués
l’entaille est plus grande et mes dents saignent
ma bouche dégoûtée.
La phrase est aigre et perdue, déjà dite elle est inscrite
déjà pensé, elle est maudite
les chats noirs s’endorment épuisés
les mains, comme le cœur, manquent tous les jours.

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Dimanche sur le canal /

Une brume bleue roule paresseusement sur les toits et le canal. Les maisons sombres se tassent sous le poids des dizaines. Je vois les parquets qui craquent, les cheminées qui exultent, les mains froides caressant les joues rougies, les enfants extatiques. l’eau crépite sous les pas ralentis des touristes fatigués avançant le long de l’écluse dans la lumière fantasmagorique des réverbères du canal. Sinatra chante White Christmas entre les deux toits de mon chalet. Une tranche de pain noir letton, banane-chocolat. Un jour simple de l’Avent.