Nothing’s gonna hurt you baby /

Neighbours kids upstairs are awake, birds are singing in our Kiez. I wake up earlier than you, which is amazingly surprising. My feet are happy on the cool wooden floor. I prepare a huge cup of Earl Grey you especially bought for me. I sat in knickers on the floor, put Cigarets after sex’s vinyl I brought with me from France. Breathing out the outside. Feel the crisp of your white shirt you let on the old wood chair in the kitchen and I borrowed while waiting for the boiling water. Surrounding by your smell.

A melt of cold cigaret in your hair. Black coffee in your neck as a hint of perfume. The fresh water on your face when you return home. Metal cords on your fingers. A hint of blood cos you scrape you knee as a kid, hey « it’s only skin » I sang for you. The sun through the window, the odor of plants, from breathing Berlinen green. And the smell and the taste of salt, from your long walk in the city, forsaken, where you need to be afar off me. And the stones from the sea and the gold of the Rhine, and the water of my birth. And the smell of love, and the smell of sex, and the smell of hope and despair. The smell of my child’s dream, the smell of the kid we’ll never have and don’t miss cos you fullfilled me with achievement.

A melt of burned cigaret in your hand, scorching black coffee on your lip as i just turn my head and see you standing in the doorframe staring at me in silence. I smell the odor of your arms around me. I restart the vinyl.

Nothing’s gonna hurt you baby.

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Fuel /

j’ai vu ma cour empaqueter le soleil, tendre entre trois fils froids les mots qui pleurent, les mots qui crient. Les larmes du lac. Je voudrais lécher mes yeux comme une tétine oubliée, les nettoyer de ce qu’il leur reste à voir. Fini les bougies fanées dans le bougeoir de septembre, les plantes grasses qui survivent adossées, fragiles, sur les baguettes chinoises, le raphia des dentelles. Anton joue sur le parquet gris, je croise ses yeux qui m’interroge de tout ce qui lui reste à voir. Il a beau être transparent, il a beau être silencieux, la musique nous assiège dans mes rêves froissés, dans mes draps sales, dans les collines du Puy de Dôme, dans les livres de Léa. Elle nous enroule dans les volutes du sucre de mon thé brulant. J’enlève mon pelage d’aigle, je le confie aux bras protecteurs de Boris. J’enlève la nouvelle balance de mes pieds, la hache et l’aime. Je reste protégée par le double vitrage. Je vois ma cour. J’allume notre pauvre chauffage surpassé par le soleil disparu. Je n’attendais qu’un mot, que tu me le dises simplement. Qu’il vienne dans la suite de la bière belge partagée, du café noir du matin, dans le tee shirt de ceux qui vont où les autres ne vont pas, dans la disparition de l’anglaise qui a quitté le continent. J’ai essayé de prendre le vent de face mais il n’y a pas de prise sur les courbes de mon corps, et mon âme est trop lourde pour ne serait-ce que suivre le courant. J’ai battu des bras et je suis restée honnête. D’un prisme tellurique est finalement tombée une poésie naturelle.

Les identitées remarquables I /

Qu’est ce qu’on fait, on se parle et on ne se dit rien. On boit du thé, on fait semblant de ne pas voir qu’on s’ennuie. On fait l’amour parce que ça meuble. J’essaie de toute mes forces de me projeter, j’essaie le prénom de mes hypothétiques enfants avec son nom, je m’invente une nouvelle signature pendant que je paie aux grands magasins. Et je me rassure, horrifiée, en constatant sans mots dire que son désintérêt est tel que je n’aurai jamais à lui avouer le mien. Cela constitue l’excuse sociale que je donne comme réponse pour éviter de dire qu’il m’est impossible d’imaginer quelqu’un d’autre que Lui. Pourtant je lui cuisine des tartes, je lui fais des cadeaux pour agrandir ma présence chez lui, aggrandir l’accroc dans le vêtement. Et faire semblant. Qu’est ce qu’on fait. On boit du thé et on ne se parle même plus. Je pense à ses enfants.

Dimanche sur le canal /

Une brume bleue roule paresseusement sur les toits et le canal. Les maisons sombres se tassent sous le poids des dizaines. Je vois les parquets qui craquent, les cheminées qui exultent, les mains froides caressant les joues rougies, les enfants extatiques. l’eau crépite sous les pas ralentis des touristes fatigués avançant le long de l’écluse dans la lumière fantasmagorique des réverbères du canal. Sinatra chante White Christmas entre les deux toits de mon chalet. Une tranche de pain noir letton, banane-chocolat. Un jour simple de l’Avent.

Gloria /

Qu’est ce que je ferai quand je serai couchée sur ce lit, en pleurs, les traits froissés, triste d’être devenue ce que je refusais d’être. Une femme fatiguée, ridée, usée, abandonnée. Qu’est ce que je ferai parce que ta vie aura alors plus d’importance que la mienne, que la nécessité de survie aura sauté une génération, est ce que ton père aura encore de la compassion pour ma pauvreté ? Est-ce que mon père aura encore de la tendresse pour son enfant ? Est-ce que si je te prenais dans mes bras après avoir pleuré, tu me remplirais et me pardonnerais d’être si mal ce que je redoutais d’être ? une adulte bancale, une mère faillible. Une humaine comme toi.

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le méridien /

J’effleure du bout de l’index un petit accroc dans l’émail de la tasse, la sensation est douce du grès frottant ce petit bout d’épiderme. J’entends le bois pris dans les glaces craquer et se fendre et filtrent des jointures minuscules des traits de vent sifflant. Je ramène sur mon épaule gauche un pan du plaid rose poudre. Mes yeux se plissent et mes lèvres sourient à mesure que mon oreille fait des va et vient sur le cachemire de mes épaules.

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