L.A.N /

Croire connaitre les gens

Être toujours étonné par leur lâcheté

Il ronde l’automne

Et les marrons brillants

Comblent les trous laissés

Par ces gens

Publicités

nahuatl cacahuatl /

Justine est partie ce matin à Obernai, je ne l’ai pas entendue mais j’ai senti l’odeur du café qui m’a presque réveillée. J’ai rêvé de lapineaux et de canetons à qui je donnais du lait concentré en pleine apocalypse. J’ai accepté de me lever à 13h30, encore un dimanche de gâché.

Comme j’ai du mal à me remettre de cette gueule de bois de fatigue, j’écoute le dernier album de Grimes et Dieu sait qu’il n’est pas bon, mais sa nouvelle bubble-pop me tient éveillée dans une presque ambiance chaleureuse.

Je sors deux rangées de chocolat noir, deux petits pots de compotes de pommes, une cuillère à soupe d’huile de pépin de raisin, deux cuillères à soupe de sucre complet, deux cuillères à soupe de graines de lin concassées, une demi cup de lait d’avoine. Je laisse poser. J’allume mon four pendant la dernière demi heure d’heure creuse, c’est toujours ça de pris, je pense à lui très fort, j’écris à Elle.

Je mélange deux cups de farine, une cup de farine d’avoine, une cuillère à café de poudre à lever sans phosphate, une cuillère à café de bicarbonate de soude, une pincée de sel.

J’incorpore le mélange sec au mélange humide pendant que je chante Realiti à tue-tête.

Une demi-heure à 180°, j’attends. Je ne comprend pas pourquoi les gens ont du mal à travailler avec moi alors que j’ai simplement du mal à vivre avec eux.

Welcome to my realiti.

Mon gâteau vegan au chocolat est cuit. Justine va rentrer d’Obernai. L’odeur du chocolat m’endort.

gateau

Lệ Thu, mes larmes d’automne /

Je t’ai croisé au Starbucks des 4 temps. Je buvais une gorgée tiède de mon pumpkin spice latte trop sucré et dégueulasse. Je t’ai vu dans la file d’attente. Je détourne à nouveau la tête, je n’attend pas de voir ce que tu commandes, je m’en fiche, cela ne te définit pas. Ce qui te définit ce sont ces jolies bottes gold que tu as achetées en soldes, rue Volta, ton manteau bleu marine râpé à l’épaule droite, là où passe la sangle de ton sac à main, l’écharpe camel en cachemire chinois que je t’ai offerte il y a trois ans – pourquoi continues-tu de la porter ? elle est devenue immonde. Tes beaux yeux comme des jonques sur le Mékong en saison sèche. Je n’ai jamais vu le Vietnam mais je crois que je l’ai un peu connu quand je passais ma main dans ta chevelure liquide.

Tu ne m’as pas vu, je n’ai même pas eu à faire semblant de ne pas te voir, d’en être blessée.

Le logo du centre commercial de la Défense nage dans le gris, il passe, ridicule, du rouge profond au rose, inutile, avec personne pour le regarder.

Je suis seule maintenant au starbucks des 4 temps et je me rend compte que j’aurais pu mourir pour toi.