La confrontation /

Quand la carcasse n’est plus assez grande ni assez solide pour protéger de la vie du dehors, quand tout se fissure et qu’on sent la peur sourdre de partout face au danger, on lance des mots comme des obus qui semblent toujours tomber à côté et la défense est abattue. Il faut fuir. Il faut fuir physiquement mais la carcasse garde la trace des coups. Je saigne depuis des jours, depuis des mois des plaies hémophiliques de mon âme. Impossible d’étancher, d’épancher cette fuite. Alors je recueille le sang et d’un geste résigné je me regarde le jeter dans la douche, les toilettes. Mes mains poisseuses du sang infligé par mes ennemis. On peut mettre des kilomètres entre soi, la carcasse n’est jamais solide fasse à l’animosité du monde.

Et ce soir, ce soir, j’ai fui, j’ai marché une route noire menant à une forêt plus noire encore, une chienne pour compagne, sauvant les vies rejetées des crapauds suicidaires.

C’était ça mes vacances en Auvergne.

Mon amour amer /

Dans les nuits sèches des morts catalanes,
Le long de la crédence de la lune,
S’accrochent les étoiles laborieuses
De nos rêves croisés, fantasme solaire.

J’ai marché, lourde, dans les rues tétanisées de chaleur,
Les ondes mauresques adoucissant mon joug,
Multipliant les souks, les riads, tous ces lieux de moiteur,
Je joue d’une main faible, mon présent sans atout.

Des murs rêches de Rome, le vague à l’âme
Emprunte ses chemins, floutant les dunes
Issues d’une ville ouverte, merveilleuse,
De grains de sable, parsème mes chimères.

J’ai mis mes espérances à fondre sous le soleil de Satan,
De Lawrence et de l’Arabie Heureuse
Il ne reste qu’une carcasse d’acier dans les studios d’Antan,
Félicite toi, de mes vacances radieuses

Cinéma, tu es partout et nulle part où se pose mon regard.

A l’intérieur les gens ont des gestes tranquilles /

Il est là. Près de moi tu sais. Il est là. Dans les murs. Il est seize heures vingt au clocher de Neauphle. Les feuilles frissonnent d’un vent tranquille. il y a des nénuphars dans ta mare, dans la mare de Jeanne. Sont-ils les même que dans les eaux limoneuses du Mékong ?

La glycine est encore en fleurs alors que nous sommes en septembre. Il y a un grillage qui enferme ton fils, qui me tient en dehors de toi. Tu es là. Près de moi, tu sais. Dans les murs. Dans mes mots.

Far East, la diffusion /

En plus des mots, je fais des images, c’est par, en live, en streaming et en replay


Thérésa est une jeune femme française qui, à la mort de son père, part en Lettonie sur les traces de ses origines. Au bord de la mer elle rencontre Draugur, un adolescent en mal de compagnie. Va s’ensuivre un road movie qui va les conduire jusqu’aux confins de la Lettonie, au pays des coutumes ancestrales.

HD 19min, scope 2.39 / APR / mix 5.1

Production Sésame Films ©2015

image : Célia Wagenführer / Hervé Roesch
son : Cécile Enjalbal / Jérémie Vernerey
montage : Julien Ngo Trong
musique : The Wooden Wolf


diffusion far east

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