Far East, la diffusion /

En plus des mots, je fais des images, c’est par, en live, en streaming et en replay


Thérésa est une jeune femme française qui, à la mort de son père, part en Lettonie sur les traces de ses origines. Au bord de la mer elle rencontre Draugur, un adolescent en mal de compagnie. Va s’ensuivre un road movie qui va les conduire jusqu’aux confins de la Lettonie, au pays des coutumes ancestrales.

HD 19min, scope 2.39 / APR / mix 5.1

Production Sésame Films ©2015

image : Célia Wagenführer / Hervé Roesch
son : Cécile Enjalbal / Jérémie Vernerey
montage : Julien Ngo Trong
musique : The Wooden Wolf


diffusion far east

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Le domaine /

Je ne dirige pas les acteurs.

Je dis ce que j’ai envie de manger, je choisis le chef le plus à même de faire ce qui me fera plaisir et je le laisse faire. Avec l’acteur, c’est pareil. D’où l’intérêt de parler beaucoup en amont du sujet, du projet, du scénario. Le plateau n’est pas le lieu de l’expérimentation, c’est le temps du savoir du technicien, à ce moment-là c’est leur art qui prime. Il est trop tard pour la direction d’acteur.

La prochaine fois /

Dans les lagunes les zones tropicales

La prochaine fois

Penses à prendre avec toi, une part de silence prévu au plan de travail

Les repérages en cadence et les envies cycliques

La prochaine fois dans les carrières célestes

La prochaine fois les leds chaleureuses

La prochaine fois

Les mots âcres de l’est, les enfants renouvellés

Tu n’as rien appris de Cassiopée idiote

La prochaine fois,

Fais ton travail.

Note sur mon cinématographe /

23 octobre 2002

Le cinéma est l’art de la monstration. Incomplet, il est seul à donner à voir et à entendre. Vecteur de communication de tout autre art.

Séquence 1. EXT JOUR rue du centre ville 1.
FEMME
Que s'est-il passé ?
L'homme pointe son doigt vers la chaussée.

Le cinéma est l’art de la dimension unique, travestissant le temps, l’espace, il se contente de rendre compte d’un réel possible.

« Le cinéma est l’unique moyen que j’ai pour te montrer comment je te perçois. »

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Lettre ouverte à Cyril Pedrosa /

juillet 2012

Ça a commencé il y a longtemps et il y a quelques jours à la bibliothèque municipale, celle du centre ville, près de chez moi. Je cherchais un bouquin de cuisine, je vois Autobio 2 sur le chariot des retours, je m’assieds, commence à lire et puis c’est trop drôle, je vais l’emprunter, le faire lire à mon copain, parce que bah…c’est vraiment trop nous. Je le lis une fois, deux fois. Je regarde ce que vous avez fait d’autre. Alors avant-hier, je retourne à la bibliothèque, toujours chercher des livres de cuisine, un film Bollywood, n’importe lequel, juste pour les couleurs. « La bibliothèque va bientôt fermer ses portes, merci de bien vouloir clôturer vos recherches et enregistrer vos documents ». Et merde, j’ai oublié. Je retourne aux BD. Merde, comment vous vous appelez déjà ? Je vous retrouve à la couverture. Moi je suis une visuelle.

Portugal.

Portugal c’est une mare boueuse de larmes inutiles qui restent coincée dans la poitrine. Vous ne le savez pas, mais Portugal pour moi c’est aussi Lettonie. C’est ma vie, mes questions et mes pas-de-réponse. La Lettonie j’en reviens. Il y a une semaine et demi. Depuis, mon sac, ma trousse de toilette ne sont pas défaits. La vaisselle pas faite. La feuille blanche. Le scénario je le tiens depuis quatre ans. Et entre temps, la crise, les réductions de budgets à la culture et surtout le silence. Le silence morbide du village de ma grand-mère, le silence à mes questions. Le silence de l’écriture. J’étais parti pour filmer. je n’ai jamais pu appuyer sur REC.

Alors Portugal posent des images. Sur le Portugal que j’aime tant. Des images d’hommes, de femmes mais d’hommes surtout. Je pense à mon grand-père, à mon père, à leur silence, à la mort qui a enterré tout ça. Les BD c’est le monde secret de mon père. Tellement indigne pour ma mère. Mais moi je ne peux m’en passer. Je les achète d’occas, je les vole quand j’ai vraiment plus de fric, c’est un monde libre et sans frontières de culture. Moi je suis une visuelle. Je ne sais plus lire. Je ne rêve plus qu’en images. Les vôtres m’aident au jour le jour en offrant une trame à celle, manquante de mon film, de mon histoire, au silence encore une fois, obtus que j’oppose à toutes questions. « Alors la Lettonie ? ». Que voulez vous que je vous dise ? Que je parle de ma tristesse à s’en arracher le cœur devant l’église fermée du village de ma grand-mère ce lundi pluvieux du 25 juin 2012 ? Alors je regarde les pages 71, 72, 73 de Portugal et je me sens moins seule et j’aime les couleurs de piscine. Je rajoute Portugal à ma liste de cadeau d’anniversaire avec le mortier en marbre de Ikea, le DVD de Restless.

Ce que je dis, ce que vous dites n’est pas original mais n’est pas sans importance. Des petites histoires on fait de grandes histoires. Mon producteur me l’a souvent répété avant de m’abandonner.

Je me demandais bien ce que j’allais faire de tout ça.

février 2016

Une  nouvelle productrice m’a adoptée. J’ai fait mon film, j’ai raconté la Lettonie. J’ai relu Portugal que j’ai eu pour mon anniversaire cet automne là, un an jour pour jour après sa sortie.  Je l’ai rangé dans ma bibliothèque.

Au solstice d’hiver sont sortis les Équinoxes. Elles m’accompagnent sur le chemin de la Corse, du prochain film, du côté droit de ma vie.

Merci à vous Cyril Pedrosa, au plaisir de vous rencontrer un jour.

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Cyril Pedrosa _ Portugal