les chevaux /

C’est un flux tendu, poussiéreux, sableux et vaste, des esplanades vertigineuses et solaires. C’est un âge en marche, ce sont des regards fuyants sur la surface métalliques des flots, humide, frais et souffreteux comme une gorge qui a trop crié. C’est Duras flamboyante, qui s’impose dans un silence qui ne souffre aucune critique, qui ne négocie plus. Le baroque de ses mots emplis tout l’espace du style. Elle polit les personnages dans ses mots comme des petits sous brulants oubliés dans une voiture en plein soleil et qu’on jette dans les fontaines fraiches et dont le métal se rétracte. Le style Duras a la densité et le cassant des pins dans la sècheresse.
Ce sont les petits chevaux de Tarquinia.

Un dimanche de printemps timide /

 

gâteau_choc

VEGAN, OILFREE, option GLUTENFREE, super LIGHT
Le MEILLEUR gâteau au chocolat de la terre !
Biscuit :
  • 1 cup de patate douce cuite, écrasée en purée
  • 1/2 cup d’eau
  • 1/2 cup de sucre (sirop d’érable, sirop d’agave etc)
  • 1 CS de vinaigre balsamique
  • 2 cc d’extrait de vanille
  • 1 cup de farine de blé complète (ou farine de coco pour un gâteau sans gluten et plus dense)
  • 3 rangées de chocolat noir à pâtisser
  • 1/2 cc de sel (gros sel pour un effet caramel beurre salé)
  • 2 CS de cacao maigre en poudre
  • 1/2 cc de bicarbonate de soude alimentaire
Préchauffer le four sur 180°. Recouvrir de papier sulfurisé un moule à génoise.
Mélanger la patate douce avec le vinaigre balsamique, l’extrait de vanille, le sel, le chocolat fondu avec la 1/2 cup d’eau.
Mélanger à part tout les ingrédients secs : farine, cacao, bicarbonate.
Incorporer le mélange mouillé au mélange sec.
Faire cuire 20min.
Démouler, laisser refroidir.
pour le glaçage:
  • 1 cup de patate douce orange cuite, écrasée en purée
  • 1/2 cup de sucre glace
  • 1/2 cup cacao dégraissé
  • 1/2 cup de purée d’amande blanche non sucrée (ou noix de cajou)
  • 2 à 5 CS de lait végétal selon la texture souhaitée (perso 5 pour un glaçage épais et coulant)
  • 1 cc d’extrait de vanille
  • 1 cc de rhum
Fouetter la purée d’amande avec le lait végétal, ajouter l’extrait de vanille, le rhum, le cacao. Réserver.
Quand le gâteau est froid, reprendre le glaçage, incorporer le sucre glace et napper le gâteau de suite.
Laisser prendre une heure au frigo.
NOTE : En mode gâteau d’anniversaire : faire deux gâteaux, doubler la dose de glaçage et fourrer le biscuit avant de napper.
based on Plant Power Kitchen recipe

Note sur mon cinématographe /

23 octobre 2002

Le cinéma est l’art de la monstration. Incomplet, il est seul à donner à voir et à entendre. Vecteur de communication de tout autre art.

Séquence 1. EXT JOUR rue du centre ville 1.
FEMME
Que s'est-il passé ?
L'homme pointe son doigt vers la chaussée.

Le cinéma est l’art de la dimension unique, travestissant le temps, l’espace, il se contente de rendre compte d’un réel possible.

« Le cinéma est l’unique moyen que j’ai pour te montrer comment je te perçois. »

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L’Abandon /

Quand je suis abandonnée, je me sens trahie. Abandonner n’est pas quitter. Il y a un au revoir qui n’est pas dit dans l’abandon. Un absolu de terreur, un ascendant qui est pris sur et contre l’autre. Abandonner c’est laisser pour un après, un terrain détruit, stérilisé avec le temps du pardon. L’abandon est un gâchis, un reste de la cruauté de l’enfance. Pur, il s’absorbe dans le Soi. Le Soi tout puissant, tellement qu’il ne laisse de place pour rien d’autre. Un Homme qui est capable d’abandonner est un Homme raté. Abandonné lui-même par l’humanité.

samedi 14 novembre /

Quelques bougies silencieuses dans le brouhaha des vitrines. Elles sont toutes petites.

Et il y a la solitude des Hommes, la force de leur poings, l’ardeur recommencée des jours sous le soleil âcre des gens qui combattent pour rien.

Je marche à la droite de la cathédrale dans un froid attendu. La solitude des hommes, la force de leurs poings, l’ardeur recommencée des jours sous le soleil âcre des gens qui ont façonné ces pierres silencieuses dans le brouhaha des idoles d’or.

Il y a la voix de Joanna Newsom qui donne envie d’arracher des milliers de cœurs avec les dents, les porter miséricordieux à bout de bras comme les trophées des temps anciens, des idoles d’argile.

Il y a la voix de Joanna Newsom et les boyaux des animaux sacrifiés pour que je n’entende que ma religion tinter dans sa bouche grande ouverte et ses mains sèches, celles des hommes silencieux qui aiment et lâchent prise.

inspiré de Go Long de Joanna Newsom

Bali est – Ubud /

Le temps s’étire. L’odeur de la mousson. Elle a souvent été décrite et c’est normal d’en parler. Une odeur de frais, de citronnelle, de plante pourrie. La nuit, la fraîcheur enfin qui arrive mais qui ne passe jamais les frontières invisibles des fenêtres sans vitres, des portes ouvertes. Et les pales du ventilateur brassent sans cesse le même air chaud et gluant de la journée, jetant une ombre régulière et papillonnante sur les pages des livres. Une grippe éclair qui donne envie de se couvrir malgré les 38°, la fièvre, les larmes de petit enfant malade. Maintenant l’effet gueule de bois. Aujourd’hui c’était le nouvel an et je n’ai presque rien vu. Comme j’ai l’impression de ne rien avoir vu d’Ubud que ces boutiques pour hipsters californiens. Comme j’ai l’impression de ne rien avoir vu de Bali que ces spots balnéaires pour surfer australiens. Moi avec mon allergie au soleil, ma bouteille de crème indice 50+ accrochée au bras, rasant les murs avec mon spleen français.

L’Asie est très surfaite en réalité. Il y a les palmiers bien sûr, il y a les rizières bien sûr. Mais bien sûr il y a les même gens insupportables et le temps beaucoup trop chaud ou trop humide. Avoir envie de claquer toutes ces connasses de hipsters ricaines venues faire du yoga à Ubud, ne même plus avoir envie d’en faire tellement tout cela est ridicule. Ubud est plus branchée que Brooklyn et Berlin réunies. Alors comme avec ma sœur on compte les roupies, on mange dans les warung les plus crades de l’île et finalement on en rigole. On marche quatre heures pour rejoindre une plage merdique. On finira par en rigoler. Alors oui il y a la beauté des poissons quand on fait de la plongée pour la première fois, mais il y a la colère de Justine qui devient dingue quand elle voit l’état du corail. Les couches culottes au fond de l’océan. Le gasoil dans l’eau.

Jamais je n’avais vu de manière aussi flagrante le dédain de l’Homme pour l’environnement qui l’héberge. Jamais je n’ai été aussi misanthrope. Jamais je n’ai autant haï l’idée de perpétuer cette race destinée à l’enfer.

Bali est une décharge à ciel ouvert vouée à la destruction dans moins de dix ans. Alors on se raccroche tant qu’on peut au paysage de la vallée de Sidemen, préservée autant que faire se peut. Demain c’est Nyepi, jour de silence, pas de cuisine, pas de bruit, de lumière, cloîtrées dans le kampung. En attendant il y a la pluie de Mousson. On a beaucoup écrit sur elle et c’est normal, à défaut de parler d’autre chose.