Seuls la glace et le temps sont maîtres /

Dans le ronron sourd de ta voiture tu roules depuis deux heures déjà. J’ai vu les coyotes courir dans l’argent, turquoises comme l’eau qui coulent sur les fenêtres, sous les églises de pierres douces. Il y a du rose dans mon assiette, il y a du vide à la place de ma mère. En ces temps sombres, je ne vois plus le soleil se lever, il reste coincé comme un gibier traqué dans les cols et les crêtes. Nous l’avons laissé à la merci des contrebandiers, blanc et dur comme un bronze gigantesque. Je vois les dents montagneuses mâcher le ciel qui sursaute baisant le lac de sa bouche légère. Nous avons déroulé des routes le long du dos des ânes du grand frais aux alpages, dans des boites de conserves piquées d’aiguilles pour s’arrêter aux petits chevaux d’Italie. Le sol est immobile.

Publicités