La confrontation /

Quand la carcasse n’est plus assez grande ni assez solide pour protéger de la vie du dehors, quand tout se fissure et qu’on sent la peur sourdre de partout face au danger, on lance des mots comme des obus qui semblent toujours tomber à côté et la défense est abattue. Il faut fuir. Il faut fuir physiquement mais la carcasse garde la trace des coups. Je saigne depuis des jours, depuis des mois des plaies hémophiliques de mon âme. Impossible d’étancher, d’épancher cette fuite. Alors je recueille le sang et d’un geste résigné je me regarde le jeter dans la douche, les toilettes. Mes mains poisseuses du sang infligé par mes ennemis. On peut mettre des kilomètres entre soi, la carcasse n’est jamais solide fasse à l’animosité du monde.

Et ce soir, ce soir, j’ai fui, j’ai marché une route noire menant à une forêt plus noire encore, une chienne pour compagne, sauvant les vies rejetées des crapauds suicidaires.

C’était ça mes vacances en Auvergne.

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