A l’intérieur des Terres /

Ils ne sont plus là. Ils nous ont quitté depuis longtemps. Leurs carcasses craquantes comme les icebergs érodés de Bering, ils dérivent maintenant. Sommes-nous issus de leur vêlage glacé ? J’ai amassé de mes yeux de mes pieds la poussière des lieux et l’ai déposé dans les mains transparentes de ma sœur. « Tiens la ligne !  » lui ai-je dit.
Jusqu’à la fin du jour je parcourrai la lande et les eaux froides, j’irai pleurer aux pieds de Njörd qu’il ouvre ses fourches et délivre les flammes. Seront-ils arrivés aux Champs-Élysées ?
Leur souffle court à nos oreilles fragiles, la caresse froide d’un linceul réutilisé, nous sommes les enfants effrayés. Les séries éthériques frappent des coups sourds dans les murs de sable. Les crucifix de façade ne nous servent plus à grand chose. Nous sommes les enfants effrayés. Il pleure, il gémit dans l’ombre palpitante de l’escalier. « Tiens la ligne! » lui ai-je dit. j’ai amassé de mes yeux, de mes mains la lumière des lieux autours de nos carcasses vibrantes. J’actionne l’interrupteur.

Ils ne sont plus là. Ils nous ont quitté depuis longtemps.

GHOSTSINVERMILLOU01Vincent Bousserez ©2016

texte sur la série Ghosts in Vermillou par Vincent Bousserez

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