Entheos /

Les premières gouttes d’un orage sont les plus belles et les plus terribles. Chaque goutte qui arrive enfin sur la surface de la terre, de la peau est comme une manne s’éclatant en étoile,  se rejoignant l’une, l’autre pour former des ronds plus grands, puis des lignes qui filent et que l’on ne peut pas rattraper. Et lourdes et grises et sales et presque sèches au final. Le goudron tendu et gonflé éclate enfin sous leurs caresses dégageant son musc pétrolier avec une vigueur renouvelée. Le grès des murs de ma ville se fissure sous les chocs minuscules, se désaltérant en pleine sècheresse. Les lions se lèvent enfin de sous les tilleuls et avancent, encore abattus de chaleur, se joignant à la fête des agneaux extatiques. L’eau retournera loin charriant les poussières de l’Inde sauvage, pour l’instant elle ballade sa crécelle dans les rues vides, dans la cour où s’engouffre notre appartement la fenêtre ouverte, tu ouvres les yeux, tu te réveilles.

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