Préface /

J’ai vu un (deuxième) monde s’ouvrir entre deux eaux

Entre deux moi

Créant des reflets pleins de verrières

Et de soleil filtrant du feuillage

J’ai vu un monde monter

Des obélisques de mes mains

A chaque ports célestes

Des habitations lunaires

Ce sont mes villes verticales.

J’ai vu un (deuxième) monde s’ouvrir derrière

Celui-la

Sombre et palpitant dans la moëlle

C’est je crois être soi

Parce que je te souhaite

De trouver ce deuxième monde.

pour Julien,

printemps 2005,

 

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Note sur mon cinématographe /

23 octobre 2002

Le cinéma est l’art de la monstration. Incomplet, il est seul à donner à voir et à entendre. Vecteur de communication de tout autre art.

Séquence 1. EXT JOUR rue du centre ville 1.
FEMME
Que s'est-il passé ?
L'homme pointe son doigt vers la chaussée.

Le cinéma est l’art de la dimension unique, travestissant le temps, l’espace, il se contente de rendre compte d’un réel possible.

« Le cinéma est l’unique moyen que j’ai pour te montrer comment je te perçois. »

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Bribe /

Il y a la très belle chanson de Cloé du Trèfle qui demande « qu’est ce qui me manquera le plus, le désir ou toi ? » Et c’est bien ça, le désir. J’ai le regret des choses pas encore passées, je dois faire le deuil de notre week-end à la mer, il ne verra jamais Strasbourg avec moi, je ne monterai jamais sur le bateau de son meilleur ami, je n’aurai pas le privilège de lui faire des muffins à la carotte.

(…)

Et aujourd’hui ? Ils avaient l’aspect d’un feu noir, à la fois sombre et brillant. L’un deux ressemblait à une méduse électrique. Il chantait, il m’a semblé que c’était du grec.

(…)

Non vraiment, je ne sais pas quoi dire de plus.

Duras /

J’ai vu cette femme chercher des racines qu’on lui avait oubliées. Je l’ai vu de trains en avions ramasser au bord des trottoirs les peaux depuis longtemps mortes d’intérieurs de parade.

Mais quand l’intérieur vient recouvrir un intérieur, il devient extérieur. Et d’extérieurs en extérieurs, de jeux en espérance, j’ai vu cette femme faner, trop lourde du poids étouffant de ces pétales. J’ai vu cette femme et je lui ai dit « j’ai l’impression de t’avoir ratée. » Et d’intérieurs en intérieurs, dans la pureté intime de la faiblesse, elle m’a tendu un mot, comme un noyau nu.

Ce mot j’essaie de le chérir en évitant les couvertures qui ne protègent plus, sans arrêter pourtant de me bruler les doigts dans mes trains, mes avions, à un ailleurs qui ne viendra pas. Le pays où l’on n’arrive jamais. Car après il n’y a plus rien, c’est le Pacifique.