cinéma des réalités /

L’air de l’appartement ressemble à ces morceaux de cake restés trop longtemps dans la vitrine des pâtisseries. Sec, graisseux, mauvais.

Il fait tellement chaud de cet air sec et graisseux que l’eau fraiche de la douche qui roule sur son corps arrive déjà chaude sur ses pieds gonflés et brulants. Elle écoute le ronronnement du boulevard circulaire un peu avant le parc comme le bruit des climatiseurs dans les hôtels de luxe de Jakarta.

Maciej est couché sur le lit en jeans et en chaussettes. Cela l’agace et elle prie pour que sa présence reste silencieuse, à peine entrecoupée du clic du pad sous ses doigts. Quand elle partira il fera 20° et elle sera triste. Elle aura abandonné tout un été et l’occasion de se réconcilier avec Franek. Mais que veut-elle retrouver lui demande son père au téléphone. Lui ou cette période solaire incroyable de l’après tournage ?

Franek l’a récupéré, exsangue, abattue comme une jeune accouchée, il lui a amené une vie meilleure. Elle est couchée auprès de Maciej et ne comprend pas pourquoi il s’obstine à rester en jeans et en chaussettes. Avant qu’il ne fasse 20° il reste soixante quatorze heures mais elle n’appellera pas Franek pour se réconcilier.

Soixante quatorze heures ça n’est pas suffisant pour retrouver une vie meilleure.

L’eau roule chaude sur ses pieds.

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