lettre à A /

17 septembre 2007,

J’ai ajouté des éphémérides à ma lettre pour Christine la lointaine, l’amie du bout des trains, des rêves de partance. Je lui parle de mon amour, toi, ce drôle d’amour si neuf, si fragile comme un œuf de caille. Je pense à cet amour que nous ne ferons jamais, à cet amour que nous construisons à chaque mots maladroits, je pense à ton Amour et je lui souhaite de vivre encore longtemps et que vous soyez heureux et des cerisiers en fleurs que nous regarderons tous ensemble, les possibles et les moins probables.

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il y a plus simple /

Un instant d’humanité.

Et Bruxelles s’effondre.

Au travers d’une fenêtre au grillage fleuri de dix sur vingt, je les entends.

Le temps s’arrête.

Et le lendemain reprend. Je suis en suspens.

Tu me proposes un café.

On respire.

si vous aimez…/

/… ce que vous lisez sur Latitude de l’âme vous aimerez surement :

jalousies

(…) Je me suis endormi comme une masse, abruti de vin. On aurait dit que je fêtais une libération. Le ciel avait crevé, la neige s’était répandue partout. Paris tout blanc s’étalait derrière cette même fenêtre que je regarde à présent. Le lendemain à l’aube, au réveil, je me suis découvert d’énormes réservoirs de souffrance. J’ai arrêté de me nourrir, d’étudier. J’ai vagabondé dans la ville en psalmodiant son nom. Je me suis desséché.

(…) Si on réfléchit posément, on s’aperçoit que dans son principe la jalousie ne concerne pas un homme ou une femme qui serait nôtre et qu’un tiers nous prendrait, mais un rapport entre soi et cet homme ou cette femme. On se sent évincé, parce que, comme je l’ai déjà signalé, évincer signifie triompher de quelqu’un, et que dans le rapport amoureux, qui est toujours sous-tendu de rivalité, l’autre triomphe de nous en nous préférant un lieu qu’il trouve plus agréable.

(…) Faire l’amour en état de jalousie, dans la frénésie de la réconciliation, surpasse toutes les formes de tendresse. On s’unit avec l’autre et en même temps contre lui. On s’exalte d’être à ce point d’accord. Vous êtes d’une gratitude éperdue pour celle qui vous revient. Elle avoue sa tromperie sans un mot, vous prouvant qu’elle est fourbe mais qu’elle vous préfère, et c’est exquis.

(…)  » A vous aussi, il a fait le coup de sa première femme ? Écoutez, chacun possède son jardin secret, il se confie si peu, je ne risquerais pas ma tête sur un point aussi nébuleux. Qu’est-elle devenue, qu’a-t-il vraiment vécu avec elle, je l’ignore. Une partie de ce qu’il raconte, probablement. Ce qu’à fait votre conjoint dans une autre vie, bien naïf qui prétend le savoir. Connaissez-vous la personne qui dort avec vous, de qui vous exigez une fidélité absolue, dont vous croyez spontanément le discours, mais dont vous n’avez pas la moindre idée des pensées qui l’ont traversée durant le repas que vous venez de partager avec elle ? « 

ligne 13 /

Paris. Pari. Pas rit. C’est innombrable.

Des bruits infimes et lourds, avant tout des odeurs, Le métro bien sûr, mais aussi plus personnelles, la rue des Thermopyles au mois d’août, les rues de la musique, Belleville, le Paris mieux, le Paris rêvé, la rue des Cascades, du Jourdain, un fleuve merveilleux. Paris pour moi c’est aussi la Tunisie. Paris c’est le pays de ma mère, Paris médina. Le souk. C’est une douleur.

Je ne connais pas un parisien qui ne se soit plaint un jour de la vie « à la capitale » et pourtant on y reste, on y part, on y revient. Je voudrais parler de Paris pour faire sortir de moi la rue Marx Dormoy, Nanterre, le train de Nanterre, l’admiration de A.A., ma jeunesse terrible, blanche, triste. L’argent, le manque d’argent , la nonchalance. Faire sortir la rue de l’Ouest, Paris 14, village. Le cinéma et sa toute puissance fantasmée dans le giron de Dominique.

Les premiers espaces.

Un concentré congelé de perfection un soir, bassin des Tuileries après la rétrospective Viktor&Rolf. Le soleil qui se couche sur Orsay. Paris triste. Paris que j’ai fui pour n’y plus jamais revenir et pourtant l’envie chaque jour de vouloir juste s’arrêter à la Pendule à la Villette.

Paris c’est irrémédiable, ne pas trouver les mots, le souffle court, étouffer. Vouloir en finir. J’ai commencé à écrire sur Paris bien longtemps après l’avoir quitté et bien avant que d’imaginer y retourner. Écrire sur Paris comme la peur au ventre, le plus loin d’elle possible. Dans la peur de l’attachement et au final de l’abandon.

le méridien /

J’effleure du bout de l’index un petit accroc dans l’émail de la tasse, la sensation est douce du grès frottant ce petit bout d’épiderme. J’entends le bois pris dans les glaces craquer et se fendre et filtrent des jointures minuscules des traits de vent sifflant. Je ramène sur mon épaule gauche un pan du plaid rose poudre. Mes yeux se plissent et mes lèvres sourient à mesure que mon oreille fait des va et vient sur le cachemire de mes épaules.

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