Vallée de Madura /

J-5 La nuit entre dans Java comme dans des draps humides, rafraîchissants d’un orage. Les singes hululent, les chats feulent, les coq roucoulent. Les nuages bas ourlent nos pas. Dans le volcan, le bleu. Le bleu des yeux de mon père. Le bleu à peine entraperçu et éternel, indifférent des yeux de mon père. Dans les vapeurs de souffre je bois jusqu’à la lie la honte de ma faiblesse, déroulée sur les trois kilomètres en à-pic de la route du volcan. Le piano tombe naturellement après la pluie. Après la pluie. Jamais je n’avais vu de paysage aussi beau. A vous fendre le cœur de la désolation ondoyante des coulées de souffre, les troncs d’arbre fossilisés préfigurant du ciel. Et le silence impossible, incompréhensible, irréaliste du cratère. S’asseoir en n’ayant rien d’autre à faire que se taire. Avant la pluie.

Kawah Ijen

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s